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Very Foody : témoignages, avis et envers du décor

Il y a bientôt trois ans, je me lançais dans l’entrepreneuriat avec The Bline Water, une marque de boissons solides pensée comme une alternative plus saine et plus écologique aux boissons traditionnelles.  

Comme beaucoup de jeunes fondateurs dans l’agroalimentaire, j’ai dû chercher un laboratoire capable de m’accompagner en R&D.

À l’époque, Very Foody semblait être un acteur crédible.
Présence sur LinkedIn, communication bien rodée, réseau professionnel, discours rassurant autour de l’innovation food…

Puis les choses ont progressivement basculé.
J’en ai déjà parlé dans deux précédents articles :

À travers ces contenus, je racontais mon expérience personnelle avec Very Foody et le litige judiciaire qui a suivi. Mais ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est ce qu’il s’est passé après.


Avis Very Foody : des dizaines de personnes m’ont contacté

Depuis la publication de mes articles, j’ai reçu énormément de messages.

Des entrepreneurs.
Des anciens clients.
Des stagiaires.
Des alternants.
Des porteurs de projets.
Des personnes qui envisageaient de travailler avec Very Foody.
Et même d’anciens collaborateurs du laboratoire.

Tous m’ont contacté pour une raison simple :
Ils cherchaient des informations sur Very Foody, sur Aurélie d’Assignies ou sur les pratiques du laboratoire.

Et surtout, beaucoup voulaient savoir s’ils étaient les seuls à avoir vécu certaines situations.

Je précise évidemment que je ne peux pas vérifier indépendamment chaque affirmation qui m’a été rapportée. Les témoignages ci-dessous reflètent les propos et ressentis de leurs auteurs. Mais le nombre de retours reçus, leur cohérence et leurs similitudes m’ont profondément interpellé.


Very Foody : ce que plusieurs témoignages racontent

Au fil des échanges, plusieurs sujets revenaient régulièrement.

Parmi les éléments évoqués par différents témoignages reçus :

  • un manque de compétences techniques réelles au sein de l’équipe ;
  • des projets de R&D réalisés en grande partie par des stagiaires ou alternants ;
  • des inquiétudes concernant l’encadrement scientifique ;
  • des prestations jugées très coûteuses au regard des moyens réels du laboratoire ;
  • des tensions internes décrites comme pesantes par certains anciens collaborateurs ;
  • des promesses commerciales jugées disproportionnées par rapport aux capacités techniques réelles ;
  • des inquiétudes autour de certains aspects réglementaires ou sanitaires.

Un ancien alternant m’a notamment décrit ce qu’il considère comme “la pire expérience professionnelle” de son parcours. Selon lui, plusieurs projets étaient acceptés alors même que certaines personnes de l’équipe reconnaissaient ne pas maîtriser techniquement les sujets concernés.

Il évoque également :

  • des remarques qu’il jugeait humiliantes ;
  • une forte pression psychologique ;
  • un fonctionnement reposant largement sur des profils juniors ;
  • des clients qui, selon ses propos, auraient découvert trop tard le niveau réel d’expertise mobilisé sur leurs projets.

D’autres témoignages parlaient :

  • d’un manque de matériel adapté ;
  • de projets techniquement irréalisables acceptés malgré tout ;
  • de produits nécessitant ensuite l’intervention de consultants externes pour être finalisés ;
  • ou encore d’un écart important entre l’image renvoyée commercialement et la réalité opérationnelle.

L’un des témoignages reçus évoquait même le fait que certains stagiaires auraient reçu pour consigne de ne pas mettre en avant leur statut auprès des clients ou sur LinkedIn.

Encore une fois, je précise que ces éléments relèvent de témoignages reçus et de récits personnels. Je ne prétends pas établir ici une vérité judiciaire globale sur l’entreprise. Mais lorsque des dizaines de personnes, ne se connaissant pas entre elles, racontent des expériences présentant des similitudes fortes, la question mérite d’être posée.


Aurélie d’Assignies et Very Foody : pourquoi autant de fondateurs cherchent des informations avant de signer ?

Depuis mes articles, plusieurs entrepreneurs m’ont expliqué avoir changé de laboratoire après leurs recherches Google.

Certains étaient sur le point de signer avec Very Foody.
D’autres avaient déjà investi plusieurs dizaines de milliers d’euros dans leur projet.

Une fondatrice m’a expliqué avoir dû faire intervenir des consultants externes après des résultats jugés catastrophiques sur son produit.

Un autre entrepreneur food m’a indiqué avoir eu le sentiment de “s’être fait avoir”, malgré une première version de produit qu’il considérait “acceptable”.

Un ancien client historique du laboratoire m’a lui aussi contacté pour me raconter avoir vécu une expérience très négative plusieurs années auparavant, mais avoir préféré “passer à autre chose”.

Ce qui m’a le plus marqué dans tous ces échanges, ce n’est pas seulement la gravité de certains propos.

C’est le silence.

Beaucoup des personnes qui m’ont écrit ne souhaitent pas témoigner publiquement.
Par peur des conséquences.
Par fatigue.
Ou simplement parce qu’elles veulent tourner la page.

Et honnêtement, je les comprends.

Quand on lance une marque alimentaire, on joue souvent une grande partie de ses économies, de son énergie et parfois plusieurs années de sa vie sur un seul projet.

Très peu de jeunes entrepreneurs ont les ressources financières ou psychologiques pour entrer dans un conflit long avec un laboratoire.


Le vrai problème : l’asymétrie entre laboratoires et jeunes entrepreneurs

Cette histoire dépasse largement mon cas personnel.

Le problème de fond, c’est qu’un jeune entrepreneur food :

  • ne maîtrise pas toujours les réglementations ;
  • ne connaît pas les normes industrielles ;
  • ne sait pas évaluer le véritable niveau technique d’un laboratoire ;
  • et fait souvent confiance à des structures qui paraissent légitimes.

Quand un laboratoire :

  • communique bien,
  • possède un réseau,
  • affiche une image “innovation”,
  • participe à des événements professionnels,
  • est recommandé dans des réseaux sectoriels,

alors beaucoup de fondateurs baissent naturellement leur niveau de vigilance.

C’est humain.

Moi aussi je l’ai fait.


Vitagora : un réseau (in)digne de confiance ?

C’est probablement l’un des points qui me dérange le plus aujourd’hui.

À l’époque, j’appartenais au réseau Vitagora, un réseau agroalimentaire payant censé accompagner les entrepreneurs du secteur, créer des connexions et orienter les porteurs de projets vers des acteurs fiables.

Le réseau a été informé :

  • du litige ;
  • de la condamnation judiciaire ;
  • des nombreux témoignages reçus ;
  • des alertes remontées concernant Very Foody.

Et pourtant, Very Foody continue d’être mis en avant publiquement par Vitagora, notamment à travers des publications LinkedIn récentes.

Cela pose une vraie question.

Quel est le rôle d’un réseau professionnel ?

Simplement connecter des acteurs entre eux ?
Ou exercer un minimum de vigilance quand plusieurs alertes sérieuses remontent concernant l’un de ses membres ?

Parce qu’un réseau qui recommande ou valorise des acteurs sans réelle vérification engage indirectement sa crédibilité auprès des entrepreneurs qui lui font confiance.

Et dans l’agroalimentaire, les conséquences peuvent être lourdes :

  • pertes financières ;
  • retards industriels ;
  • produits non viables ;
  • épuisement psychologique ;
  • voire abandon pur et simple du projet entrepreneurial.

Pourquoi je continue de laisser mes articles sur Very Foody en ligne

Certaines personnes m’ont demandé pourquoi je ne supprimais pas mes contenus.
La réponse est simple. Parce qu’ils servent.

Ils permettent à d’autres entrepreneurs :

  • de faire leurs recherches ;
  • de comparer ;
  • de poser des questions ;
  • de prendre du recul ;
  • et surtout de comprendre qu’ils ne sont pas seuls.

Aujourd’hui, avant de signer avec un laboratoire, beaucoup de fondateurs tapent simplement :

  • “Very Foody avis”
  • “Aurélie d’Assignies”
  • “retour expérience Very Foody”
  • “Very Foody laboratoire”
  • “Very Foody témoignage”

C’est exactement ce que j’aurais aimé trouver à l’époque.
Parce qu’entreprendre, ce n’est pas seulement créer.
C’est aussi apprendre à se protéger.